Arielle Dombasle

Diese Musik in meiner Werbung Actrice et désormais chanteuse, Arielle Dombasle fascine parune attitude très glamour. Muse de nombreux artistes, mise en lumière par les plus grands réalisateurs, de Eric Rohmer à Roman Polanski ou Raul Ruiz, elle séduit par sa manière unique de ne vivre que pour la beauté des choses.

Aimant passer d'un genre à l'autre, Arielle mène une double vie, quittant parfois le cinéma pour aller rejoindre le chant qui fut longtemps sa passion secrète : « j'ai mis du temps à oser chanter » confie-t-elle « je voulais être sûre de moi. J'ai beaucoup appris avant de me trouver. J'aime l'idée de prendre son temps pour se construire ».

Arielle Dombasle est un électron libre dont les métamorphoses nous enchantent. Avec « AMOR AMOR », précédent album qui lui valut d'être reconnue aussi bien en France qu'à l'étranger, la chicana chic élevée au Mexique célébrait d'une façon très fatale, les standards latino-américains tels « Besame Mucho », « Quizas Quizas » ou « I wish you love ». Le projet était né de la rencontre avec Marc di Domenico, producteur à
l'origine du retour d'Henri Salvador. C'est de nouveau lui qui signe la réalisation artistique du nouvel opus d'Arielle
« C'EST SI BON » dont les mélodies témoignent de l'Amérique des années 1940-50. Son univers renvoie au cinéma d'Hollywood en Technicolor et aux histoires pleines de romantisme de l'époque des comédies musicales de « Un américain à Paris » de Vincente Minnelli ou «The Girls» de George Cukor, composées par George Gershwin et Cole Porter.

« C'EST SI BON » nous rappelle la période bénie de l'âge d'or des années Broadway qui font rêver Arielle. Si elle a grandi au Mexique, elle est née à Norwich aux Etats-Unis, dans le Connecticut. On ne s'était donc pas assez méfié de sa blondeur toute américaine. A l'image de ce que Joseph Conrad désignait par le lancinant appel des terres natales, « C'EST SI BON » est un voyage à travers les airs entendus sur lesquels dansèrent ses parents. On y verra comme un retour au pays de la généalogie la plus enfouie et, en même temps, la plus ancienne. «Je suis une Américaine et j'ai été élevée dans un lycée franco-mexicain » dit-elle, fière d'avoir un grand-pèreambassadeur qui « contribua à fonder la France libre en Amérique ».
L'histoire familiale ne donne que plus de légitimité à la démarche d'Arielle, à l'aise au coeur de ce registre de reprises choisies par elle. Des morceaux rendus célèbres par Peggy Lee, Doris Day, Julie London, Marilyn Monroe, The Andrew Sisters, Marlène Dietrich ou encore Dean Martin.

Comme lors de son dernier album, les arrangements sont dusau subtil orchestrateur Jean-Pascal Beintus. On s'y croirait, tellement le son jazzy de la formation d'une cinquantaine de musiciens qui accompagne Arielle, est une fidèle restitution de celui de l'époque. Avec « C'EST SI BON », elle se révèle plus épanouie encore qu'avec « AMOR AMOR » où elle s'éloignait, pour la première fois, des envolées classiques. Elle qui nous avait habitués à une interprétation lyrique, fait montre, ici, d'un bel esprit d'adaptation à une partition qui exige un timbre tout
en retenue. Tour à tour gaie, amoureuse ou rêveuse, elle s'amuse, joue avec sa voix et d'un adorable accent anglais, comme si elle était un des instruments de l'orchestre, se fondant parmi les violons ou les cuivres. C'est le coeur qui parle.

L'émotion et la joie de vivre sont au rendez-vous dès les premières notes de la chanson « C'est magnifique » que
chantait naguère le crooner français Jean Sablon aux Etats-Unis. Il y a aussi « Relax-ay-voo », chanson qui fut interprétée par Dean Martin et Line Renaud à Las Vegas ou encore l'exquise « Darling, je vous aime beaucoup ». « C'EST SI BON » est un clin d'oeil aux comédies musicales, à la chanson et au cinéma dont ne saurait se passer l'actricechanteuse. D'où la magnifique reprise sur fond de ukulélé et scie musicale de « Que sera sera » que chantait Doris Day dans le film « L'Homme qui en savait trop » d'Alfred Hitchcock.

Romantisme et swing se succèdent par la magie d'un orchestre sonnant comme un big band sur « Dream a little
dream », «Cheek-to-cheek », «This is a fine romance » ou "I'm in the mood for love". Et puis il y a Marlène, objet d'un hommage en douceur de la part d'une Arielle pleine de mystère et de mélancolie sur «Boys in the backroom » et « Moi, je m'ennuie ». Enfin, on écoutera l'adaptation en espagnol écrite par elle de « It had to be you » d'Isham Jones rebaptisée «Tenias que ser tu », ainsi qu’un morceau inédit composé par Jean-Pascal Beintus dont elle signe les paroles « Paris in Delight ». Un répertoire d'une absolue élégance qu'elle interprétera bientôt aux Etats-Unis à l'Hôtel Carlyle et au mythique Supper Club de New-York avant son retour sur scène en France.

Ange de lumière ou étoile du soir sous les sunlights descabarets, elle est décidément irrésistible.

<i>10/2006</i>